La vie d'Elisabeth Bibliographie
Elisabeth postulante

2 août - 8 décembre 1901

Le postulat
Histoire du Carmel de Dijon

Dans ce nouveau cadre de vie, Élisabeth est pleinement heureuse. Elle écrit à sa Mère :

Ma petite maman chérie,
Quel bonheur de venir un peu causer avec toi. Oh! si tu savais combien je t'aime; il me semble que je ne te remercierai jamais assez de m'avoir laissée entrer dans ce cher Carmel où je suis si heureuse. C'est un peu à toi aussi que je dois mon bonheur, car tu sais bien que si tu n'avais pas dit «oui» ta petite Sabeth serait restée près de toi. Oh! ma petite mère, comme le bon Dieu t'aime, si tu voyais avec quelle tendresse Il te regarde!... Je t'embrasse, je te serre bien fort dans mes bras comme avant. Si tu savais comme je t'aime et comme je te dis merci !
Ton Élisabeth
Lettre 85 du 9 août 1901 à sa mère

Elle se laisse happer par le silence où elle trouve Celui qu’elle cherche. Et les sœurs sont frappées de voir combien est grand son recueillement.

Au Carmel, on fut frappé dès son entrée, de cette désappropriation d'elle-même et de la simplicité de son humilité qui ne se traduisait pas en paroles, en attitudes d'abaissement ; en récréation, rien d'affecté ; elle était la plus dilatée des novices, sans légèreté, avec cette note religieuse qu'elle apportait à tout. Nous ne l'avons jamais entendue donner son avis, dans nos récréations, sans être mise en demeure de le faire ; et, dans ce cas, elle le faisait très simplement, modestement, sans chercher à faire prévaloir son sentiment. Témoignage de Mère Germaine

Ce qui ne l’empêche de continuer à être proche des siens avec une grande délicatesse, en leur racontant ses premiers pas et ses surprises… dans son nouveau genre de vie :

L'autre soir j'ai eu une fameuse peur, et je crois que si ma petite maman avait été à ma place elle n'eût pas été plus brave. J'étais remontée à 8 h dans notre cellule avec notre lampe. D'habitude je ferme la fenêtre lorsque j'ai de la lumière, mais comme je n'en avais que pour un instant je la laisse ouverte quand, tout à coup, je sens quelque chose au-dessus de ma tête. Que vois-je ? Une chauve-souris qui prenait ses ébats dans notre cellule ! Le bon Dieu m'a donné grâce pour que je ne crie pas, je me suis sauvée dans le dortoir et j'avais bien envie de frapper à la porte de Mère Sous-Prieure, qui est ma voisine. Mais, prenant tout mon courage, je suis rentrée et, ayant ôté la lumière, tout avait filé ! (L 92 du 12 septembre 1901 à sa mère)

 Heureuse d'être au Carmel, Élisabeth aspire maintenant à en recevoir l'habit. Le 15 octobre, en la fête de sainte Thérèse d'Avila, il lui fut dit intérieurement qu'elle le revêtirait en la fête prochaine de l'Immaculée Conception (8 décembre). Un mois plus tard, le Chapitre de la Communauté s'apprête à examiner son admission au noviciat.

A sa Prieure qui l'engage à beaucoup prier, Élisabeth répond :

Il est vrai, ma Mère, je suis bien imparfaite, mais je crois que le bon Dieu veut me faire cette grâce ; quant à mes sœurs, pourront-elles me la refuser ? Elles doivent m'aimer, je les aime tant ! Témoignage de Mère Germaine

A l'unanimité des voix, les sœurs admettent Élisabeth à la prise d'Habit.

Elisabeth, postulante - août 1901
































Sainte Thérèse de Jésus - Statue du Carmel de Dijon